Avec le soutien du comité départemental de Maine-et-Loire de la Ligue contre le cancer et de l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire, le CHU d’Angers a fait l’acquisition de quatre scanners de lames de dernière génération. Ces équipements permettent désormais la numérisation complète des prélèvements histologiques et cytologiques, consultables directement sur écran via un système de gestion d’imagerie partagé avec le CH du Mans.
C’est un véritable tournant dans la pratique de l’anatomopathologie. Là où l’observation au microscope constituait l’unique référence, les professionnels disposent aujourd’hui d’images numériques de très haute définition, manipulables, annotables et partageables instantanément.

L’inauguration de l’anatomocythopathologie numérique s’est déroulée en présence de Cécile Jaglin-Grimonprez, Directrice Générale du CHU d’Angers, Jérôme Jumel, Directeur Général de l’ARS Pays de la Loire, Guillaume Laurent, Directeur Général du Centre Hospitalier du Mans, et le Pr Marie-Christine Copin, cheffe du service Pathologie cellulaire et tissulaire au CHU et des représentants des deux services hospitaliers et de la Ligue contre le cancer.

Un diagnostic plus rapide, plus précis, plus collaboratif
Jusqu’à récemment, les équipes pluridisciplinaires travaillaient à partir de lames physiques, souvent envoyées par voie postale entre établissements. Ce fonctionnement impliquait des délais parfois incompatibles avec l’urgence de certaines prises en charge.
« La numérisation change radicalement la donne : elle facilite la lecture des prélèvements, améliore la précision de l’analyse et augmente considérablement la capacité de traitement », nous explique le Dr Pierre Bigot, chef du service urologie. Les images peuvent être transmises en quelques secondes à des experts, favorisant les avis collégiaux et les diagnostics complexes.

Lors de notre visite du laboratoire, nous avons pu observer le travail méticuleux des équipes : préparation des tissus, découpe ultrafine, coloration, puis numérisation avec une précision quasi chirurgicale. Derrière chaque image affichée à l’écran se cache une chaîne technique exigeante et une expertise humaine essentielle. « Le numérique ne remplace pas le regard du spécialiste, il est un outil à sa disposition », précise Cécile Jaglin-Grimonprez, la directrice générale du CHU d’Angers.
L’anapath’, une spécialisation qui se modernise
L’anatomopathologie – ou anapath’ pour les intimes – connaît aujourd’hui une véritable modernisation technologique, ouvrant la voie à l’intelligence artificielle pour gagner du temps sur certaines données standardisées. Dans un contexte où les pathologistes se font de plus en plus rares, ces outils viennent renforcer et valoriser la spécialisation.

Le rôle des équipes d’anatomocytopathologie (ACP) est déterminant. Ce sont elles qui analysent les tissus et les cellules pour poser un diagnostic précis, évaluer le grade et orienter les décisions thérapeutiques. Autrement dit, sans leur regard expert, il n’y a ni stratégie de traitement adaptée, ni prise en charge optimale. La modernisation du service observée au CHU d’Angers permet non seulement de gagner en efficacité, mais aussi de renforcer l’attractivité de cette spécialité exigeante.