Depuis le 4 mai et jusqu’au 13 juin, une centaine de scientifiques embarqués à bord du navire océanographique Marion Dufresne mènent une vaste expédition scientifique au large du Mozambique et de l’Afrique du Sud. Coordonnée par la paléoclimatologue Meryem Mojtahid, chercheuse à Université d’Angers, la mission internationale CHARM ambitionne de mieux comprendre les variations climatiques passées dans l’hémisphère Sud afin d’affiner les projections climatiques futures.
Une expédition internationale pour remonter le temps climatique
Soutenue par la Flotte océanographique française opérée par Ifremer, la mission mobilise des chercheurs de dix nationalités issus de 25 institutions européennes, africaines et brésiliennes.
À bord du Marion Dufresne, équipé de vastes laboratoires embarqués, les scientifiques réalisent des carottages marins afin d’analyser les sédiments accumulés depuis plusieurs milliers d’années. Ces prélèvements permettent de retracer les variations climatiques survenues il y a 10 000 à 20 000 ans.
Les recherches se concentrent notamment sur deux zones stratégiques : le plateau continental influencé par le fleuve Zambèze, dans l’océan Indien au large du Mozambique, puis celui marqué par les apports du fleuve Orange sur les côtes de l’Afrique du Sud.
En parallèle des études sur les sédiments anciens, les équipes effectuent également des mesures sur l’eau, des prélèvements de surface et des analyses de plancton afin de mieux comprendre les conditions environnementales actuelles.
Des écoles associées au programme scientifique
Le projet CHARM comprend également un important volet pédagogique. Depuis l’automne 2025, des chercheurs du Laboratoire de Planétologie et Géosciences (LPG) interviennent dans plusieurs écoles et collèges des Pays de la Loire avec le soutien de l’association Culture Biome.
Les élèves ont participé à différents ateliers autour du climat, des océans et des objectifs scientifiques de l’expédition. Certaines expériences imaginées par les classes seront même réalisées directement à bord du navire.
Au Maputo, des écoles locales ainsi que le collège-lycée français participent également au projet et pourront visiter le Marion Dufresne durant l’escale.
Une exposition photographique et un documentaire sont prévus au retour de la mission.